Laboratoire de la Flexibilité

Urba-EA officiel

LABORATOIRE DE LA FLEXIBILITE

 

Le 19/01/2017                                                                                                       version 1

Rédacteur : René Mandel

 

Projet

Projet de Laboratoire de la Flexibilité au Club Urba-EA

La fin de règne des méthodologies

Pendant plusieurs décennies, les concepts d’urbanisation, puis d’Architecture d’Entreprise ont été soutenus par des approches méthodologies, au niveau international, comme en France.

Il était en effet difficile de mettre de l’ordre dans les systèmes accumulés au cours des différents projets informatiques, sans de telles approches, et la définition de cibles permettant une convergence au moins partielle. Certaines approches ont proposé des modèles intégrés couvrant tout le domaine de l’entreprise (comme Ceisar, Praxeme, …), et des méthodologies globales se sont imposées (Togaf, frameworks des Administrations,…).

Le contexte actuel avec :

  • la transformation numérique, et l’accélération des ruptures business,
  • les nouvelles modes technologiques, et la remise en cause de l’ingénierie du développement traditionnel

est très défavorable à l’Architecture d’Entreprise.

Cette discipline apparaît déphasée des doubles réalités tant Business que IT.

Une évolution était nécessaire (voir l’alerte  sur le futur de l’architecture d’entreprise), et une rupture identifiée (voir l’article).

Les réflexions stratégiques du Club Urba-EA

Dans ce contexte, le Club Urba-EA a conduit des réflexions stratégiques, dont le cadre est repris ici.

Le déplacement du « centre de gravité » de l’Architecture d’Entreprise est une des orientations qui découlent de cette analyse. Il s’agit en particulier de positionner les Architectes d’Entreprise en relation plus directe avec la technologie qui permet la mise en œuvre des architectures.

Il a aussi été envisagé de participer à des travaux innovants, en inter-entreprises.

La diversification des modalités de travail du Club fait aussi partie des sujets envisagés.

Le présent projet de Laboratoire entre tout à fait dans ces orientations, qui visent à donner un nouveau souffle à l’Architecture d’Entreprise et à ses apports de valeur.

La mise en commun d’expériences et de moyens

 

Le Club Urba-EA permet aux membres de partager des retours d’expérience, et des analyses de l’état des marchés technologiques.

Les Grandes Entreprises et Organisations pourraient créer en leur sein, au-delà des Data Lab et autres structures transverses existantes, des Laboratoires pour formaliser la R&D sur l’Architecture d’Entreprise. De tels investissements pris isolément sont difficiles à justifier, surtout dans le contexte actuel de recherche d’économies et d’agilité de court terme.

Le recours à un Laboratoire externe présente plusieurs avantages :

  • Frais réduits, du fait du partage des ressources
  • Mise en commun des problématiques concrètes liées aux nouvelles réglementations et aux architectures nécessaires (données personnelles, écosystème bancaire, …)
  • Facilité de mobilisation d’un apport externe
  • Gouvernance de la transversalité réduite
  • Géométrie de l’engagement variable
  • Capitalisation sur un savoir-faire de mise en œuvre complète (de la conception aux architectures techniques) dans un cadre inter-professionnel
  • Mise en évidence de scénarios typiques, création de benchmark

Le Club Urba-EA apporterait à ce projet une garantie d’objectivité et d’intégration dans l’écosystème de l’IT. En particulier le Laboratoire aurait un apport original par rapport aux réalisations internes (Data Lab, veille technologique), se focalisant sur les sujets de l’EA, souvent laissés pour compte dans des visions précipitées et partielles.

Une « Charte » conforme aux attentes et déontologies

 

Le Club Urba-EA est aussi crédible pour élaborer la Charte du Laboratoire, en conformité avec la réglementation, et avec la déontologie pratiquée par le Club.

Il est crucial en particulier que soient réglées les questions de confidentialité et sécurité de l’action du Laboratoire. De même son objectivité vis-à-vis des différents prestataires (éditeurs, services dont Oresys) doit être garantie.

Une opportunité : la flexibilité

 

Le Laboratoire peut être amené à travailler sur de multiples sujets communs, et dans leur mise en oeuvre pratique.

Dans l’Etat de l’Art actuel existent des solutions de flexibilité qui bousculent les approches lourdes traditionnelles, et le Laboratoire pourra utilement mettre en œuvre ce type de levier, au travers de différentes solutions techniques.

En particulier l’Architecture Flexible est un concept maintenant stabilisé, dont tous les traits fondateurs ont été définis et publiés (voir en particulier le site dédié).

Ce concept novateur est susceptible d’être employé librement par les entreprises et organisations pour fonder leurs projets, et plus globalement leur SI. Comme son nom l’indique, cette Architecture utilise des bases conceptuelles qui facilitent les multiples évolutions prévisibles (du Business, des métiers, de l’organisation, des technologies), et les réactions aux imprévus sur ces différents sujets.

La mise en œuvre de ce type de flexibilité présente une innovation :

  • par rapport aux démarches classiques qui basaient un système sur des solutions techniques et conceptuelles figées, avec des cibles fixes,
  • par rapport au cycle projet « en cascade », en préconisant une démarche incrémentale tout au long du cycle de vie de l’Architecture.

Le Laboratoire permettrait de mener rapidement des POCs de telles flexibilités et de capitaliser sur les solutions concrètes, piliers de l’Architecture, domaine par domaine.

De multiples déclinaisons possibles

 

En effet la flexibilité est basée sur les invariants des informations, en ce sens ce type d’approche incrémentale est « Data Centric », synchronisée sur les événements fondateurs du Business et des transformations :

  • Adaptée au contexte et à ses spécificités,
  • Connectant l’historique du patrimoine (SI, métier, expérience) et le présent (projets en cours) et le futur (économie numérique, IoT, …),
  • Indépendante des variantes technologiques, des évolutions des processus et organisations.

A partir d’un même modèle générique, autant d’implémentations adaptées aux cas d’application sont déductibles et démontrables.

Par ailleurs ce type d’Architecture utilise les offres technologiques de la Data Integration et de l’API Management, ce qui ouvre à de nombreuses variantes technologiques selon les offres du marché et les choix des entreprises.

Comment initialiser

 

Les grandes lignes du Laboratoire sont décrites. Mais il reste beaucoup de questions à régler et de choix à faire pour positionner ce nouvel acteur de l’EA.

Une première liste :

  • Quels sont les modèles de saisie du Laboratoire, par exemple :
    • Sur des projets communs définis au sein du Club, pour étudier des scénarios face à une nouvelle réglementation qui s’impose à plusieurs membres.
    • A la demande d’un membre de Club, sur un projet où un POC d’architecture serait utile.
    • Pour créer un « benchmark » de référence à opposer aux éditeurs.
  • L’accès aux services du Laboratoire serait-il restreint aux membres du Club, ou, au contraire, ouvert à tout type d’organisme ?
  • Quels seraient les modèles de contrat avec le Laboratoire :
    • des utilisateurs : forfait annuel, contrat cadre, commande unitaire, …
    • avec les fournisseurs de ressources (éditeurs, mises à disposition,…)
    • Quelles clauses de confidentialité, de sécurité, de propriété sur les résultats
  • Quelles sont les étapes de lancement du projet, avec des échéances de court terme
  • Quelle ouverture pour des participations stratégiques, et quelle gouvernance.
  • Quelles ressources dédiées, au-delà des sous-traitances ponctuelles

Business plan

 

Le budget, en régime de croisière, dépasserait le budget actuel du Club. En effet, même s’il y a un recours à de la sous-traitance (freelance technique), il faut sans doute constituer le noyau d’une équipe permanente.

Les ressources pourraient venir :

  • d’une participation du Club Urba-EA (mais dont le budget reste limité)
  • des grands utilisateurs, qui pourraient contribuer par des ressources internes, ou investir dans des projets IT où le Labo serait un outil mobilisable,
  • d’éditeurs mettant à disposition leurs solutions.

En toute hypothèse il faudrait fonctionner en harmonie avec l’écosystème des associations IT (Cigref, CRIP, …).

Une ouverture pour le Club Urba-EA

 

Le concept de Flexibilité a donné lieu à des expériences limitées, face à l’étendue des usages possibles.

Les Entreprises et Organisations, en l’absence de référencement par les grands cabinets, par les chaires d’enseignement, les organismes de recherche, les doctrines  de marché, sont réticentes à faire le pas. En ce sens, par conformité aux standards « historiques », elles préfèrent les approches traditionnelles, dont on connait pourtant les risques et la sinistralité (voir le rapport « Chaos » du Standish Group).

Des alternatives ont vu jour, trop souvent ignorant la vision globale et de moyen terme qui est la raison d’être de l’Architecture d’Entreprise.

La mise en évidence de cas similaires, de retours d’expérience, permettrait une mise en mouvement des Architectes d’Entreprise, et une amélioration significative  de la sécurité et du ROI des projets, dès le court terme.

Au-delà des péripéties actuelles, les nécessités et justifications de l’EA, certes transformées, demeurent : transversalités ignorées, faible anticipation sur le moyen terme, opportunisme de courte vue, absence de vision globale, prééminence du détail et de la fébrilité de l’agile.

En somme le projet s’impose pour :

  • élargir l’audience du Club, hors des murs du Club
  • démontrer la réalité de la flexibilité du SI au service d’un Business en constante recherche d’agilité
  • diversifier les moyens d’action du Club
  • dynamiser l’image du Club comme vecteur de progrès

3 pensées sur “Laboratoire de la Flexibilité”

  1. Bonjour Réné
    Tout d’abords je profites de ce post pour te souhaiter tout mes vœux de Bonheur et de santé pour 2017.

    Excellente idée que ce Laboratoire de la Flexibilité je partage ton analyse sur le besoin de repositionnement de l’Architecture d’Entreprise dans un contexte de Transformation Numérique et de Transformations de plus en plus rapide de l’écosystème des Entreprises. Néanmoins il y a un vrai risque que le nécessaire besoin d’agilité n’induise une désurbanisation du SI. Un point de vigileance à avoir … où un risque à accepter ?

    1. Ça me parait effectivement un risque majeur, lié à la montée en puissance des postures
      « technologistes ».
      On entend déjà beaucoup de discours qui prônent le développement d’applications jetables, l’expérimentation, la généralisation des POC qui deviennent très vite des applications déployées (allez demander au métier de renoncer à la petite appli développée sur un coin de table en attendant la version industrialisée !), sans se préoccuper de la cohérence d’ensemble du SI (Shadows IT is back).
      Pour autant, la seule clé qui permettent de maîtriser le risque de chaos se trouve bien dans la maîtrise des données (Data Architecture).

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