Une architecture du SI indépendante de l’Organisation

L’architecture traditionnelle résulte de l’organisation de la maîtrise d’ouvrage

Traditionnellement l’architecture du système d’information était « moulée » sur l’Organisation. En effet, naturellement, la vision locale des « maîtres d’ouvrage » se traduisait, depuis l’expression des besoins jusqu’à la validation des projets, par une structuration du SI. Les synergies, les transversalités, entre les divers composantes du SI, se limitaient à un périmètre local.

Les SI se sont ainsi développés « en silos ». L’urbanisme des SI, puis l’Architecture d’Entreprise ont compensé cette tendance centrifuge, en proposant des projets transverses, une gouvernance centrale, des cibles communes, des architectures de confrontation, de consolidation.

Tous les modèles d’architecture sont désormais possibles

A l’époque du « data centric » faut-il que les architectures soient déformées, gouvernées, dans tel ou tel modèle ?

On voit bien qu’avec la technologie actuelle tout est possible : que le système évolue, au cours des projets, autour d’un modèle central, ou au contraire par une nébuleuse de systèmes synchronisés, ou toute solution hybride… tous ces modèles sont viables.

Mais les transformations d’architecture sont difficiles

En réalité, même si tout est possible sur une feuille blanche, le changement de modèle s’avère extrêmement difficile. Les migrations sont complexes. Les big bang sont coûteux et traumatisants. La gouvernance réveille de vieux conflits, pose des questions de principe, de préséance, … les positions figées sont archaïques au regard des potentiels technologiques.

Le problème est qu’on ne sait pas cibler l’usage de la technologie sur les quelques points de blocage de l’évolution d’ensemble de ces systèmes. On voudrait que les systèmes soient, dans toutes leurs composantes, mis en mouvement, ce qui est bien sûr complexe, et impossible dans une échelle de temps raisonnable. On pense au mieux que la définition d’une cible permettra d’atteindre progressivement l’objectif. Malheureusement ce type de solution, encore viable il y a quelques années, est dépassé et discrédite les Architectes d’Entreprise, et leurs diverses écoles, leurs certifications et lourdes méthodologies.

Pour transformer l’architecture, placer l’Architecture Flexible en son cœur

Abandonnant ces ambitions irréalistes, on se concentre sur le cœur d’une architecture en l’Etat de l’Art : une plateforme d’intégration. On agit sur ce noyau et sur ce noyau seulement. C’est ce que propose l’Architecture Flexible, en définissant une telle plateforme, qu’elle soit centralisée ou composée de systèmes autonomes synchronisés.

L’exemple de la réglementation sur les données personnelles

Par exemple, pour répondre aux impératifs de la gestion des données personnelles (RGPD alias GDPR), il faut introduire de nouvelles transversalités. Cela peut se faire de façon dispersée en instillant les fonctions nécessaires dans les différents silos. Cela peut aussi se faire grâce à une plateforme partagée, dite « plateforme de conformité ». Cette dernière solution permet une introduction progressive, et opportuniste, des fonctions de conformité, sans big bang, et avec une géométrie variable.

 

En somme, juste retour des choses, il devient alors plus facile de changer un SI flexible, pour l’adapter à l’Organisation, tout en préservant les transversalités, et les invariants, que de se lancer dans le changement frontal de l’Organisation. A terme, avec un tel SI flexible, l’optimum organisationnel, libéré des rigidités du SI, sera trouvé par transformation progressive, et adaptation darwinienne.

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