Transition vers le Data Centric : quoi de neuf ?

Le récent rapport du Groupe de Travail « Guidelines Mise en place d’un SI Data Centric » conclue les travaux menés par le Club Urba-EA en 2018 (document disponible sur le site du Club).

Un des chapitres majeurs de ce rapport présente la problématique de « transition vers le Data Centric« .

Le rapport insiste sur la nécessité de faire cohabiter « legacy » et plateforme Data Centric. Il préconise une approche pragmatique recherchant systématiquement les « qwick win ». Il qualifie d’utopique une démarche qui définirait une cible.

L’exemple présenté dans le rapport est celui de la migration d’un décisionnel « classique » vers des technologies big data.

En ce sens, c’est une synthèse prudente de l’Etat de l’Art « marchand » : l’offre des grands acteurs du marché (ERP, Grands cabinets, Cloud, Big Data, …).

Cependant, à mon sens, plusieurs aspects du sujet, peu liés directement à la fracture technologique actuelle, sont passés sous silence. C’est un peu normal car ces sujets de fond, ne sont pas à la mode. Pourtant il y a à parier qu’ils seront encore longtemps présents.

Il y a bien sûr la tri-datation qui ne figure pas dans les pré-requis (en ce sens, on sait bien que le soleil tourne autour de la terre : inutile de revenir sur cette ignorance reconnue voir :
http://www.value-architecture.com/2019/01/les-mysteres-de-la-tri-datation.html ).

Il est d’ailleurs piquant de voir que l’on se rassure avec force modèles de maturité, justement présentés comme pré-requis (personnellement cela ne me rassure pas, au contraire…).

Ceci mis à part, de longue date je milite pour faciliter la migration du SI, on en trouve une synthèse dans la page de ce site Migration du SI.

Il y a un sujet clé de cette migration, fortement lié aux démarches d’agilité : la méthode dite du projet en spirale, qui permet une extension incrémentale.

De façon plus systématique, l’architecture flexible est un changement de paradigme. L’architecte a à sa main de quoi définir un principe de trajectoire. Et non bien sûr une stupide trajectoire figée qui ne sera jamais suivie. Ce principe, combiné avec les outils de migration du Si (nécrose, couveuse, perfusion), avec la technique du projet en spirale, avec l’emploi des figures de style des référentiels et puits, donne beaucoup de matière pour la créativité.

En somme, de ce point de vue, le Groupe de Travail n’a pas perçu cette rupture dans le métier et les outils des architectes : les 2 messages « il n’existe pas de démarche Universelle et Standard » et « privilégier les qwickwins » ne semblent pas à la hauteur des enjeux, et de la transformation du métier à opérer.