La Matrice de Flexibilité, au cœur de l’Architecture Flexible

La matrice de Flexibilité est un des livrables clés de l’Architecture Flexible.

L’Architecture Flexible, comme son nom l’indique, permet une adaptation du SI aux évolutions de toutes sortes (voir « les flexibilités »). Ces capacités de flexibilité sont obtenues grâce au fondement de l’Architecture sur 2 types de données de référence :

  • Les référentiels, alias « Master Data », connues par leur pattern de gestion, le Master data management, MDM,
  • Les « puits d’événements », qui tracent les flux, échanges, interactions lors de cycles ou parcours.

La conception d’une Architecture Flexible nécessite de définir ces différents référentiels et leurs assemblages. Elle résulte de l’analyse des chaînes de valeur proposée par la méthode de la Trame Business.

L’assemblage des référentiels (Données maîtres et Puits)

Les différents référentiels, pertinents pour le domaine d’étude, sont inter dépendants.

Cette interdépendance apparaît par différents points de vue :

Conceptuel
  • Chaque référentiel est à modéliser : objet représenté, identification, informations, dates, cycle de vie, …
  • Historique
    • Le patrimoine existant est organisé selon une architecture qui, en général, n’est pas Data Centric, il faut donc prévoir comment se fait le passage d’une architecture à l’autre, et comment la dimension historique sera prise en compte,
  • Gouvernance
    • Chaque référentiel se rapporte à un domaine transverse qui lui est propre, et la Gouvernance est à définir en conséquence,
    • La mise en œuvre d’une Architecture Flexible nécessite de mettre en commun des composants, et de capitaliser sur le développement de tels composants, ce qui implique une maîtrise d’ouvrage et une maîtrise d’œuvre adaptées,
  • Technologique
    • Chaque référentiel peut faire l’objet de choix technologiques pour son implémentation, par exemple avec des progiciels de MDM, ou d’intégration de données dans le cas des « puits ».
Approche conceptuelle

La première étape est conceptuelle. Elle ne demande pas de connaissance approfondie, se basant sur la structure logique des informations (identification, cycles, informations partagées sur les objets, …). C’est une étape d’analyse de ces structures et des liens de dépendance entre les « objets métier ».

L’identification des objets et des faits

Tout objet métier doit être identifié si un traitement doit lui être appliqué.

C’est l’instance de l’objet, « l’individu », qui doit être identifié : la personne physique, le contrat, le produit, le sinistre, la pièce, … Il est préférable d’utiliser une identification numérique non signifiante, se référant à un système externe (Sirene, code produit, …) ou à une référence interne (N° de contrat,…).

Dans la modélisation « Trame Business », un objet a un cycle de vie qui lui est propre : un parcours, un cycle typique, etc.

Il faut donc aussi identifier l’événement du cycle, du parcours : le code de cet événement et la datation. A ce niveau on identifie le « fait » : étape du parcours, état du cycle de vie, … de l’objet.

La méthode de la « tri-datation » permet d’affiner l’analyse des faits, en particulier pour ne pas confondre cycle de mise en qualité de l’information avec cycle de vie de l’objet… On doit aussi distinguer à part le cycle d’anticipation (vision anticipée ou vision rétrospective du fait), afin de pouvoir suivre et gérer ces évolutions de vision.

Ceci amène à définir le « grain tri-daté ». Chaque type de grain suit un modèle caractéristique, avec :

  • L’identification de l’individu (l’instance de l’objet)
  • L’événement de survenance du fait
  • La date du fait
  • Les autres dates et événements éventuels pour restituer les évolutions de la vision et de la mise en qualité
  • Un ou plusieurs identifiants renvoyant vers un ou plusieurs référentiels de données maîtres
  • Des informations ou medias sur le fait.
                                                                                                                                                                      Les dépendances entre objets

Les objets sont liés par de multiples dépendances. De plus ces dépendances évoluent au cours du temps. En outre les cycles de vie des objets ajoutent une dimension temporelle : au sein du SI coexistent une multitude de « biorythmes ».

Modéliser toutes ces relations en un seul schéma est d’une complexité extrême : tout l’effort de conception de l’Architecture Flexible est de construire un modèle plus simple qui, bien que représentatif, se décompose aisément en plusieurs sous-modèles.

Une conception centrée sur les « faits productifs » majeurs

Une entreprise ou une organisation fonctionne selon une ou plusieurs finalités, et, dans ces objectifs, développe des activités de transformation : production de services, fabrication, transport, prestations intellectuelles, distribution, … Ces transformations sont caractérisées par des « unités d’œuvre » typiques. Au cœur de ces activités apparaissent clairement les « faits productifs », en général directement liés à des événements du monde objet : parcours client, cycle de fabrication, campagne saisonnière, évolution technologique, …

Une constellation de « faits »

Bien sûr, il y a en général plusieurs « faits », car coexistent différents biorythmes. Il y a là toute la complexité incontournable des écosystèmes, des business models, et plus généralement des transformations réalisées par la nature, par les biotopes, … et par les processus, par les SI. Chaque fait est caractérisé par un « grain » d’information. Une explication plus détaillée figure sur ce site ici.

Outre ces faits qui retracent la vie opérationnelle de l’entreprise, d’autres événements, non directement liés aux processus opérationnels, concernent les structures sociales, organisationnelles, techniques, réglementaires, … : répertoires de personnes morales et physiques, nomenclatures, codifications, numéros, … Là aussi des faits marquent ces évolutions.

On voit, selon la vision proposée par l’Architecture Flexible, que les « faits » s’organisent en Constellation, avec :

  • d’une part un suivi de faits opérationnels, sous forme de « puits »,
  • et d’autre part le suivi de faits de structuration, sous forme de référentiel de données maîtres.
Les composants du SI

L’Architecture Flexible distingue 3 types de composants du SI :

  • Les référentiels : composants jouant un rôle transversal à une partie du SI, voire à tout le SI, uniques et non substituables (données maîtres, puits, … )
  • Les composants « métier » : composants dédiés à des fonctionnalités métier, qui peuvent être multiples et substituables : système de gestion, ERP, moteur de calcul,…
  • Les services génériques d’intégration de données, de gestion d’API, et d’architecture technique (API management, ESB, ETL,…)
Le vœu de simplicité

Dans le domaine étudié, il y a l’opportunité de réaliser une architecture qui répond à tous les besoins. On pourra mixer, et « intégrer », tous ces types de composantes. Cependant la prudence enseigne d’éviter de telles intégrations qui sont sources de difficultés lors des évolutions qui ne manqueront pas d’être exigées.

L’objectif, avec l’Architecture Flexible, est de mettre en œuvre des composants d’Architecture dont les modèles sont le plus simple possible :

  • Ils en seront plus évolutifs,
  • Ils seront fortement découplés.
La matrice de Flexibilité

Les relations entre ces différents référentiels peuvent être représentées dans un tableau à 2 entrées qui reprend la liste des référentiels, en ligne et colonne.

Cette matrice synthétise la structuration invariante de l’Architecture. Par le choix judicieux de ces référentiels piliers du SI, de nombreuses évolutions n’impactent pas l’Architecture, et n’impactent que les composants métier. Il y a ainsi le cœur de la flexibilité.

Exemple de matrice de flexibilité : l’affectation du personnel à des éléments de structure.

Toute Entreprise ou Organisation est structurée en services, agences, directions, … On peut identifier une ou plusieurs lignes de structure : hiérarchique, fonctionnelle… Ces lignes évoluent au gré des réorganisations et des pratiques.

Par ailleurs Entreprises et Organisation disposent de personnel qui sont « affectés », pour une certaine durée, à ces éléments de structure.

Dans ce cas de figure, la matrice de flexibilité la plus simple sera composée à partir :

  • d’une colonne dédiée, celle du puits des affectations, qui trace tous les événements de personnes à un élément de structure
  • de la ligne du référentiel des personnes, qui identifie toutes les personnes
  • de la ligne du référentiel des structures, qui identifie tous les éléments de structure