Penser « Écosystème »

L’entreprise n’est plus isolée, elle se conçoit comme appartenant à un système complexe (écosystème) où chaque opérateur économique apporte sa contribution.

Plus les coûts d’interaction entre les entreprises baissent, plus les chaînes de valeur s’allongent et se ramifient du fait de la technologie, plus les entreprises se spécialisent dans l’écosystème, et sont interdépendantes.

Il ne faut donc plus raisonner entreprise mais « système », écosystème. Le périmètre du système est fondé sur les frontières. Il est stable. Au contraire les reconfigurations entre entreprises sont fréquentes, car elles sont des optimisations du système (économie d’échelle par fusion, co-spécialisation pour atteindre de nouveaux marchés, externalisation pour maîtriser les coûts, … ).

L’écosystème doit être vu dans sa globalité, et jusqu’à ses limites extrêmes : les frontières primitives et finales des transformations.

La technologie peut faire apparaître des écosystèmes totalement neufs (digital pure players), mais les écosystèmes sont généralement hybrides, et capables de tirer le meilleur parti des différentes filières technologiques.

Un écosystème se développe sur un territoire, au sens physique, mais aussi au sens de la métaphore, où se jouent les transformations caractéristiques du business. Ce territoire a plusieurs frontières, elles-mêmes typiques de l’écosystème : gisements de matières premières, infrastructures, ressources financières, façades client, …

Entre ces différentes frontières, les transformations opérées par le business peuvent varier à l’infini. Cependant, deux types de phénomènes limitent ces variations :

Il existe des jeux de contraintes :

  • physiques, par exemple les flux matière, les coûts d’infrastructure, les tailles critiques de l’outil industriel,
  • réglementaires, culturelles : exercice de telle profession, normes de sécurité, règles de commerce et de déréglementation, droit social, fiscalité, …

Le jeu des lois économiques provoque mondialisation, concentrations, spécialisations, monopoles naturels,…

Apparaît là un premier type d’invariant, qui fragmente le territoire en des « univers » de transformation relativement autonomes, mais bien sûr interdépendants, puisque reliés par leurs échanges de prestations, de matières,…

Ces univers sont en général en relation avec le monde extérieur à l’écosystème, par une ou plusieurs frontières externes. Par exemple, dans le cas d’un aéroport, ou plus exactement d’une plate-forme aéroportuaire qui associe l’ensemble des intervenants sur la plate-forme (autorité aéroportuaire, compagnies aériennes, boutiques, prestataires,…), on distingue nettement « l’univers passager » qui vit au rythme des événements du passager (stationnement, enregistrement, embarquement, débarquement, …) de « l’univers avion », qui est cadencé par les évènements avion (approche, atterrissage, circulation au sol, débarquement des passagers, réapprovisionnement,…).

La première analyse de l’écosystème doit détecter ces univers, et les frontières où ils assurent la présence du business : extraction de matière première, commercialisation de produit, prestations immatérielles,… un univers est non seulement caractérisé par la ou les frontières externes, mais surtout par son ou ses « bio-rythmes » qui règlent ses cycles productifs. Ainsi, un business de livraison aura 2 frontières : celle des expéditeurs, et celle des destinataires de livraisons, qui, bien que nettement distinctes, et objet des prestations spécifiques, vivent selon le même rythme, ou, s’il y a un reconditionnement, selon des rythmes synchronisés.

Sur l’Architecture de l’Ecosystème voir « De l’Architecture d’Entreprise à l’Architecture d’Ecosystème « .

Pour une représentation graphique voir le Polygone de Valeur.

Sur l’évolution de l’Écosystème des SI expliquée par la théorie darwinienne voir l’évolution darwinienne des systèmes d’information .

Voir aussi in English.