Structuration d’une chaîne de valeur

Le territoire des transformations opérées au sein de l’écosystème se structure, avec des lignes de rupture claires au sein de la chaîne de valeur. Il en va ainsi, dans l’industrie traditionnelle, la chaîne de valeur de la fabrication est typique, avec les étapes de matière première, de produit semi-fini, de produit fini. Bien que le produit ne soit pas matériel, il en va de même pour les services, qui sont l’assemblage de services élémentaires, par exemple réalisés par des processus administratifs et des applications informatiques.

De même, avec l’hyper complexité des technologies IT, les composants sont assemblés en une multitude de niveaux depuis la puce électronique, les architectures matérielles, les systèmes d’exploitation, les logiciels intégrés, …

On considère ici isolément chaque chaîne de valeur pour mettre en évidence sa composition. Une chaîne de valeur est une « mécanique » de transformation, activée lors d’un cycle ou d’un parcours. Elle s’applique sur une frontière ou entre deux frontières. Un écosystème a toujours plusieurs chaînes de valeur distinctes : pour définir des produits ou services, les fabriquer, les commercialiser…

Chacune de ces chaînes de valeur a une composition qu’il faut analyser en tant que tel. Le présent principe de composition s’applique à cette analyse.

De fait une chaîne de valeur se décompose en plusieurs maillons, en respectant des ruptures. Ce sont des frontières internes à l’écosystème parfois bien marquées, des pratiques admises et partagées par tous les acteurs du jeu économique. Ce sont souvent le résultat de l’organisation des professions, de la réglementation, ou de la déréglementation. Ce sont aussi des ruptures technologiques, ou des ruptures d’optimisation : reconditionnement, changement de mode de transport, recours à un prestataire spécialisé,… On gagnera en simplicité et en évolutivité à mettre en évidence ces articulations de la chaîne de valeur.

Cette notion de « chaîne de valeur » traduit ainsi la contribution successive d’apports de valeur élémentaires pour aboutir au résultat final. Cette chaîne est ordonnée : telle valeur ne peut être produite sans d’autres valeurs primaires qui lui sont des ressources. Ceci se traduit par un « empilement » des interactions entre les maillons de la chaîne, chacun étant  un apport de valeur élémentaire.

En particulier la technologie facilite les interactions entre les acteurs économiques, et permet le développement de plus en plus de « services », dans une économie qui devient majoritairement « immatérielle ».

Ainsi, les chaînes de valeur s’allongent et se ramifient. Cet écheveau, dont la complexité s’accroît, ne se construit pourtant pas au hasard. En effet, les métiers sont fondés sur des partages de spécialisation, sur la nécessité de maîtriser la complexité. Ces partages, ou ruptures des chaînes de valeur, ont existé de tout temps. Dans notre économie, l’évolution est rapide, avec des recompositions de chaînes de valeur. Les ruptures de chaînes de valeur sont stables et ne se redéfinissent qu’à l’occasion de révolutions technologiques. Les recompositions respectent ces ruptures, elles sont fréquentes et banales.

Sur la base de multiples exemples de configurations de réseaux de chaînes de valeur, on constate quelques constantes : les ruptures internes à ces réseaux se placent sur des niveaux de strates, en quelque sorte empilées, formant la décomposition typique de la chaîne de valeur analysée.

De sorte que la méthode définit une formalisation des strates de valeur.

Il y a les stratifications traditionnelles. Par exemple celle du patrimoine immobilier : le propriétaire, le gérant, le syndic, le locataire, celui qui assure gardiennage et petit entretien, les entreprises de gros travaux, l’investisseur, le financeur,… cet exemple est transposable à d’autres patrimoines ( industriel, infrastructure, … ). Une chaîne de valeur, par exemple celle de l’entretien des locaux, s’organisera en conséquence.

Avec l’évolution technologique, de nouvelles strates apparaissent, car les limites de distance ou de volume sont gommées : le marketing s’oriente par cible de public, avec une segmentation plus fine, présente dès les réseaux sociaux,…

De toutes manières, et dans tous les cas, la description de ces strates représente clairement les transformations réalisées. Par exemple les chaînes de valeur du « parcours passager » dans un aéroport sont illustrées par la cartographie ci-dessous.

parcours-passager-1

Voir d’autres exemples de cartographie de chaîne de valeur.

Ces ruptures en strates existent universellement. Quand les fondamentaux de la technologie et des métiers sont stables, elles le sont. Par exemple, pour le transport ferré : il y aura toujours une infrastructure de rails et de signalisation, pour l’énergie, idem,… Par contre, les télécommunications de tout type ( télédiffusion, téléphonie, … ) ont une segmentation impactée par l’évolution technologique. La déréglementation n’est que le prolongement d’une évolution naturelle, due au gommage du facteur distance.

Voir un exemple de reconfiguration de chaîne de valeur.

Le partage en strates formalise les véritables « jointures » du business au sein d’une chaîne de valeur de l’écosystème.