Le système d’information « belle endormie » de la transformation numérique

La Transformation numérique est devant nous. Certes, que de chemin accompli par les GAFA ! Que de changements profonds dans notre quotidien !

Cependant, le gros des troupes des acteurs économiques, des PME aux grandes entreprises et administrations, se met lentement en mouvement. La majorité reste fondamentalement calée sur les processus hérités de l’age d’or de la « paperasserie », et un rythme datant de la première époque d’informatisation.

Les cyberespaces ne sont pas tout

Les cyberespaces ont émergé, sur les bases de l’Internet, de la mobilité. Ils occupent le devant de la scène, affolent les médias, déroutent jusqu’aux informaticiens « historiques » eux-mêmes. Ruptures technologiques multiples, ruptures Business, nano-technologies, économie collaborative… On perd ses repères et les paradigmes habituels sont en lambeaux.

Cette « Iconomie » est en développement rapide. Mondialisée, son poids ne cesse de croître, au point qu’elle dépassera l’économie traditionnelle.

Cependant les cyberespaces ne sont pas tout. L’économie traditionnelle, en déclin, porte encore une grande part de la production d’un pays, et de multiples emplois. Parfois rassurée par ses lauriers désuets, son Made in France, ses merveilles de la Tradition, ses Terroirs où il fait bon vivre, elle en oublie son SI.

Le réveil de la « belle endormie »

Réaction de rejet des ruptures, protectionnisme, discours rassurant et lénifiant … coexistent avec l’enthousiasme pour la créativité des start-up à tout faire, le fil à couper le beurre connecté, …

Et l’angélisme d’un monde meilleur où la démocratie serait garantie par le logiciel de la Blockchain…

Ceci est l’écume de la Transformation numérique. Mais, en silence, il faut que l’économie traditionnelle se réveille, et booste ses systèmes d’information.

Il ne lui suffit pas de couver des start-up, de céder à la mode du marketing prédictif avec force jeux de données, investissements dans des Data Lake. Et les gains d’agilité dans les développements ne referont pas le monde…

Car ce système d’information des économies traditionnelles est une « belle endormie », terriblement structurée par des décennies d’informatisation, et dont on ne peut se passer. L’Entreprise, l’Administration, sont condamnés à faire avec ce SI, quoiqu’il arrive, embarquées sur des supertankers de systèmes imbriqués, adossés à une réglementation pléthorique. Un patrimoine SI sédimenté, lui-même implanté sur des sédimentations d’architectures techniques.

Il faut s’ouvrir au nouveau monde, à ces cyberespaces, à l’économie collaborative, l’internet des objets, le monde inconnu de la Blockchain, à toutes ces transformations, … mais sans pour autant abandonner le SI existant, pilier des activités.

L’hybridation clé de la transformation numérique

De par l’inertie du SI, des processus, et des habitudes des clients et usagers, les évolutions de cette économie traditionnelle ne peuvent être que progressives.

D’aucuns, enragés par l’immobilisme ambiant, et en particulier celui des grandes structures, appellent à la rupture. C’est « lâcher la proie pour l’ombre », une prise de risque considérable, la perte irréversible de positions économiques.

La clé de la transformation numérique des grandes structures est dans l’hybridation de leur SI: il faut assurer cohérence et synergie, entre l’émergence numérique et cette informatique classique, ringarde, mais omni-présente.

Le paradoxe est que peu d’énergie est consacrée à l’hybridation du patrimoine SI historique avec les avancées SI du monde numérique : on continue à appliquer l’organisation traditionnelle, à raisonner par « métier », conforter la « maîtrise d’ouvrage », empiler les « gouvernances », certifier les spécialistes de l’Architecture d’Entreprise, des processus… Toutes recettes rassurantes mais, dans le fond, inadaptées aux enjeux actuels de réveil du SI.

 

On a beau jeu de prôner force projets de « jeunes-pousses », promouvoir l’open data, l’internet des objets… Après cette phase de découverte, la synergie avec le SI existant devra s’imposer. Et la transformation de ce SI imposera son rythme : il est urgent d’anticiper.

Seule stratégie : une approche agile de haut niveau

Il faudrait une stratégie « numérique », pour voir plus loin, au delà de l’enthousiasme de la découverte. Mais, dans le monde actuel, qui est fondamentalement évolutif, tant au plan technologique qu’au plan économique, une stratégie est hasardeuse.

Une idée simple, mais qui ne fonctionne pas, serait de cliver le SI en grands blocs (cf. les 2 IT, l’une rapide, l’autre lente, ou le « system of engagement » et le « system of record »)… L’idée est belle mais, en pratique, il faut assurer une symbiose de détail, intime, entre ces blocs, et, au final, fournir le service cohérent dans une infinie variété de cas de figure. Penser que cette complexité est gouvernable est un leurre.

Une autre idée serait de privilégier l’agilité, dans le développement informatique, grâce aux méthodes agiles.
Mais l’agilité dont on a besoin se situe à un autre niveau, bien au delà des péripéties des projets, dans l’assemblage global des composants, des applications. C’est à dire dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Architecture. La mise en mouvement globale du SI exige de disposer d’une « architecture » du SI qui soit flexible, et ainsi de se doter d’une flexibilité, pour le Business, pour le SI et pour la technologie.

La technologie au rendez-vous de la flexibilité

Heureusement, les avancées technologiques actuelles, procurent les bases d’une telle flexibilité, avec :

  • la rupture des coûts et performances d’accès et de stockage des données, permettant toutes sortes de reconfigurations, au delà des mots à la mode (Big Data, Data Lake, …). Les verrous technologiques et économiques ont sauté et les architectures « Data Centric » émergent.
  • les traditionnels clivages entre métiers et mondes IT (études, projet, déploiement, production,…) perdent leur acuité, autorisant un « passage à l’acte » très tôt dans les projets, la fin de l’infernal « cycle en cascade ». Le POC (preuve du concept) devient la règle, ainsi que la démarche incrémentale, pour apporter de la valeur au plus tôt et réduire les risques projet,
  • les échanges de données, de messages, appels de services coexistent, avec toutes sortes de conversions de protocoles, autant de passerelles entre des mondes jadis isolés.

Le terreau technologique permet ainsi de « penser autrement » l’informatisation. Et il permet surtout de réduire, voire à terme supprimer, les clivages entre ancien et nouveau monde IT.

 

Une rupture de pratique pour les projets

Réduire l’écart entre un patrimoine existent indispensable mais ringard, et les nouveaux espaces radieux du numérique, est technologiquement possible. Avec un coût faible, grâce aux avancées de l’Open Source, au regard des enjeux.

Cependant, l’hybridation ne peut se faire en désordre. Elle impose une vue globale, un « urbanisme » pour tracer les allées structurantes. Les méthodes traditionnelles ne peuvent répondre au défi.

Il faut inventer une nouvelle architecture, une architecture fondée sur des invariants, communs à ces différents mondes.

L’Architecture Flexible, est la réponse typique. Son apport se situe justement au niveau conceptuel, et elle s’appuie sur un socle technique qui la sous-tend opportunément.

Car la frénésie autour des projets emblématiques de la « conquête de l’ouest » actuelle, cache le mouvement global nécessaire pour le SI. Ce SI restera encore longtemps structuré en regard des « silos » de l’entreprise, c’est un fait. Il faut simplement créer les points d’articulation pour migrer en douceur, et connecter ces mondes distincts qui vivront à leur rythme.

A la lumière des récents cas d’usages de l’Architecture Flexible, autour de mega-projets concrets, le concept est validé et opérationnel.

Ainsi, apparaît une façon innovante, en rupture avec les pratiques encore dominantes, pour mener de grands projets, en réduire la durée, accélérer l’apport de valeur, et maîtriser les risques Business, sociaux, et techniques.

La Trame Business révèle les Invariants

Dans un monde où les changements s’accélèrent, les ruptures déstabilisent, les modèles sont remis en cause, …des Invariants demeurent.

La Trame Business les révèle.

Un Polygone de Valeur
Un Polygone de Valeur

Une aide précieuse pour fonder la stratégie, revoir les processus, faire pivoter le SI.

Et constituer le socle des Architectures Flexibles, prémices de l’Entreprise recomposable.

Mardi de l’Urba-EA « Data as a Service » et « Architecture Flexible »

Organisé par le Club Urba-EA, le mardi 15 mars 2016, à Paris, de 14h à 18h

  • Retour d’expérience de SUEZ sur la mise en place d’une Architecture Data as a Service par Frédéric Charles, en charge de la stratégie et Gouvernance du SI, et d’Olivier Gavois, responsable de l’architecture, à la DSI de Suez Eau France.
  • Présentation des principes et concepts de l’Architecture Flexible, par René Mandel, fondateur du Club Urba-EA
  • Cas d’usage de l’Architecture Flexible, par Nicolas Chevalier, Consultant