Migration du SI

Maîtrise des risques et du ROI

Tout système d’information, quel que soit son age, est amené à évoluer. Un SI historique, du fait de la sédimentation applicative et technologique, a plus de rigidités qu’un système jeune, plus homogène en technologies, et d’une composition plus flexible.

De toutes manières les évolutions posent des questions complexes, et, pour maintenir le SI opérationnel, créent des régimes transitoires qu’il faut maîtriser. C’est le sujet des migrations.

Ces migrations sont à anticiper et à étudier en tant que telles. Concevoir une cible sans imaginer les migrations possibles est une erreur grossière, car entre deux cibles a priori équivalentes, celle qui peut être atteinte facilement, et rapidement, est nettement préférable.

Une explication probabiliste de la question du retour sur investissement des projets est fournie par l’article paru dans Génie Logiciel.

Migration douce

Le Projet Flexible vise à organiser une mutation progressive du patrimoine SI.

Il se développe par étapes successives de migration douce. Une migration douce est fondée sur une architecture de coexistence de composants anciens et nouveaux. La migration se fait par bascule progressive des flux et interactions.

Les Big Bang sont ainsi évités.

Ingénierie de dés-imbrication

Deux anciens articles, parus dans IT Expert en 2011, enjeux et clés de la migration (partie 1, partie 2), ont présenté la problématique de migration, dans une vision technologique certes dépassée, mais avec une logique qui reste intemporelle.

pivot

Ces articles présentent une « ingénierie de dés-imbrication ». Celle-ci est basée en particulier les figures de styles, inspirées par une métaphore médicale :

  • Pour les migrations des applications ou composants :
    • la nécrose
    • la couveuse
  • Pour la migration des données :
    • la transfusion

Cette ingénierie est applicable aussi bien dans un contexte applicatif historique, que dans le monde des API, qui est lui aussi confronté aux migrations et la permanence du service.

La réalisation de Puits de données permet de prendre le contrôle de ces migrations, d’organiser, de façon non intrusive, la nécrose d’applications ou de composants, et la couveuse de nouveaux éléments. Une étude de validation fonctionnelle des interfaces actuels et futurs est nécessaire. Pour éviter toute surprise (documentation des interfaces inexacte, données manquantes, …) il est nécessaire de procéder à des essais, dans le cadre d’un POC du Data Hub mis en place pour la migration.

Ce POC permet de valider que la coexistence entre les anciens composants et les nouveaux composants est possible et stable. Il permet de vérifier qu’il n’y a pas d’effet majeur dans le reste du patrimoine, par exemple lors de la nécrose d’un ancien composant (continuité des données historiques, homogénéité du SI, alimentation des systèmes clients,…). Ceci peut nécessiter, au niveau du Data Hub, le stockage temporaire de données issues des anciens composants. C’est une commodité qui ne doit pas perdurer dans la cible, en vertu du principe de subsidiarité, et pour ne pas hypertrophier le Data Hub (voir à ce sujet la question des ERP).

Le choix des scénarios de migration

Grâce à ces techniques de dés-imbrication, plusieurs scénarios de migration sont possibles. Bien sûr dans un cas complexe, il n’est pas possible de dés-imbriquer tous les composants dans un même temps. On fera apparaître plusieurs scénarios de dés-imbrications successives, ou parallèles, et on pourra les comparer par rapport aux risques, coûts et avantages induits.

Par exemple, les techniques de leurre d’anciens composants permettent d’éviter un changement brutal pour les utilisateurs ou clients, et une coûteuse conduite du changement.

La progressivité d’un scénario est aussi une question clé, et on a le choix entre plusieurs axes : par sous-population, par zone géographique, par sous-ensemble de produits, …

Mise en scènes

Le Projet Flexible permet d’ouvrir le choix à de nombreux scénarios, d’accélérer les résultats, même s’ils ne sont que partiels, et de limiter l’effet tunnel. Les scénarios sont en partie pré-déterminés, mais peuvent être adaptés par opportunisme.

Pour organiser les scénarios, une mise en scène est à concevoir. On pourra identifier des Actes successifs, chaque Acte aboutissant à un résultat significatif. Un Acte est composé des scènes nécessaires aux opérations de basculement et d’intégration.